Menu principale:
Introduction par Don Francesco Cristofaro.
En arrivant à Sellia en tant qu'administrateur de la Paroisse "Saint-Nicolas de Bari", j'ai immédiatement remarqué chez les habitants de Sellia un grand attachement aux dévotions populaires et aux traditions religieuses. En effet, chaque période importante de l'année liturgique, Noel, Pâques, la fête patronale ou la fête de "la Madonna del Rosario", est caractérisée par des évènements avec une forte imprégnation religieuse qui demande à chaque fois l'attention de tous. A Sellia et pour tous les habitants de Sellia, la dévotion au Saint Patron Saint-Nicolas, est très forte grâce surtout à certains évènements miraculeux qui avec le temps ont fait que ce dévouement augmente. Je cite seulement quelques exemples les plus connus, racontés par les anciens de la Communauté. C'est grâce à l'intervention bienveillante du Saint, invoqué pour mettre fin aux pluies abondantes et incessantes qui s'abattirent durant plus de 40 jours sur la commune en mars 1943, que le village fut sauvé d'une destruction presque totale. En souvenir d'un tel évènement on célèbre encore chaque année une messe le 21 mars. Un autre miracle s'est vérifié quelques siècles auparavant. La dévotion populaire raconte en effet que Sellia, assaillie par les troupes françaises qui avaient conquit Catanzaro, fut sauvée de la dévastation grâce à l'intervention miraculeuse de l'Evêque de Myre. La tradition veut que le général, après avoir vu dans l'église le buste du Saint qui lui était apparu en rêve, mît à son doigt un anneau de rubis, qui fut successivement volé. Encore aujourd'hui Saint-Nicolas continue d'insuffler sa protection sur le peuple de Sellia qui l'invoque, confiant; effectivement à chaque évènement miraculeux s'ajoute aussi l'histoire personnelle de chaque fidèle qui s'en remet au Saint et qui lui demande son intervention. J'invoque donc sur Sellia et ses habitants, par l'intervention du Grand et Saint Evêque Nicolas, de nombreuses bénédictions célestes, avec le vœu d'une croissance toujours plus forte et authentique dans la foi.
Prière à Saint-Nicolas
O glorieux Saint-Nicolas, mon bon protecteur et père, me voilà en ta présence pour te supplier humblement de tourner vers moi ton regard bienveillant et miséricordieux. Combien de générations de fidèles se sont tournés vers toi, combien de larmes on été versées en ta présence, combien de joies intimes t'ont été confessées et combien d'invocations t'on été adressées! A celles-ci j'unis en ce moment mes prières pour invoquer ton intervention puissante. Tu connais les secrets de mon cœur, mes peines, mes souhaits. Présentes les en présence de Dieu et demande pour moi la grâce d'être exaucé. Le Seigneur, dans son infinie miséricorde, malgré mes infidélités de tous les jours, me permet d'avoir le cœur toujours ouvert à l'espoir. Et toi. Puissant intervenant, ne m'abandonne pas dans ce moment d'amertume et de difficultés; viens à mon secours, comme tu serais venu au secours des trois pauvres petites filles, des marins dans la tempête, du petit Basilio Adeodato que tu restitua à ses parents affligés; lève ta main et bénis moi du signe de la sainte croix; viens visiter ma maison car il y règne la paix, la tranquillité et la santé, et pour que mes proches sentent ta présence. Je prie de la même manière pour tous ceux qui ont besoin de ta puissante intervention. Ma pauvreté n'ose pas te demander tant; mais c'est pourquoi je me pose sous ta protection compatissante, O Saint-Nicolas, sûr de ton intervention valable auprès de la miséricorde de Dieu. Je pars de chez toi l'esprit serein et plein de reconnaissance envers Dieu pour tous ses bienfaits. O Saint-Nicolas béni, aides moi à vivre dans la sainte paix de Christ notre Seigneur. Amen.
Histoire de Saint-Nicolas
Sa notoriété est universelle, documentée par l'église et les œuvres d'art, par des institutions et des traditions liées à son nom. Mais les informations sûres sur sa vie sont peu nombreuses. Probablement né à Patara di Licia, en Asie Mineure (actuelle Turquie), élu ensuite Evêque de Myre, toujours à Licia. Et là, certaines légendes disent qu'il accomplit miracle sur miracle. Comme cela arrive à de fortes personnalités, presque chacun de ses gestes est transformé en miracle: il arrache miraculeusement trois officiers au supplice; il préserve Myre d'une famine, avec d'autres………… .
Il peut s'agir là de faits authentiques, embellis par des écrivains enthousiates. Il a peut être obtenu la grâce de l'empereur Constantin (auquel il demandera aussi des allègements d'impôts pour Myre); et il se peut qu'il ait organisé des ravitaillements contre la famine. Mais on raconte aussi qu'il a calmé une tempête en mer, et qu'il a ressuscité trois jeunes tués par un aubergiste kidnappeur. Un "Passionarium" du VI siècle dit qu'il a souffert de sa foi durant les dernières persécutions précédant Constantin, et qu'il est intervenu en 325 au concile de Nicea. Nicolas meurt le 6 décembre (l'année est incertaine) et son culte se propage d'abord en Asie Mineure (25 églises lui sont dédiées à Constantinople au VI siècle). Il y a des pèlerinages sur sa tombe située en dehors de Myre. Enormément d'écrits en grec et en latin le font connaître petit à petit dans le monde byzantin-slave et en Occident, en partant de Rome et du Sud de l'Italie, soumis à Byzance. Mais plus de sept siècles après sa mort, quand la domination normande est remplacée dans les Pouilles, "Nicolas de Myre" devient "Nicolas de Bari". 62 marins de Bari, débarqués d'Asie Mineure déjà soumise aux turcs , arrivent au tombeau de Nicolas et s'emparent de ses restes , qui le 9 mai 1087 arrivent à Bari avec un accueil triomphale: maintenant la ville a son patron, ce qui a peut être empêché d'autres d'arriver jusqu'aux reliques. Après un arrangement provisoire dans une église citadine, le 29 septembre 1089 celles-ci trouvent une place définitive dans la crypt , déjà prête , de la basilique qui est entrain d'être construite en son honneur. C'est le Pape Urbain II en personne, qui les dépose sous l'autel. En 1098 le même Urbain II préside un concile des évêques, parmi lesquels quelques "grecs" de l'Italie septentrionale: Le schisme d'Orient a déjà eu lieu. A la fin du XX ème siècle, la basilique confiée par Pio XII aux dominicains, est un lieu de rencontre entre l'Eglise d'Orient et d'Occident, et le siège de l'Institut de théologie œcuménique Saint Nicolas. Dans la crypte il y a aussi une chapelle orientale, où les chrétiens encore "séparés" depuis 1054 peuvent célébrer leur liturgie. Gerardo Cioffari , du centre d'etudes Saint-Nicolas , écrit: " la basilique se présente de telle manière…comme une réalité qui vit le futur œcuménique de l'Eglise". Nicolas de Myre et de Bari, un saint pour tous les millénaires. Dans l'iconographie Saint-Nicolas est facilement reconnaissable car il tient dans sa main trois sachets (parfois un seul) de pièces d'or, souvent rendu plus visibles sous la forme de trois balles d'or. La légende raconte que dans la ville où se trouvait l'évêque Nicolas , un père "dénaturé" n'ayant pas l'argent pour constituer la dot pour ses trois filles et les faire se marier convenablement , avait décidé de les envoyer se prostituer. Nicolas, qui apprit cette histoire, fournit trois sachets de pièces d'or qui constituèrent alors la dot des jeunes filles, sauvant leur pureté.
Le vol des reliques d'un Saint célèbre
Avec cette merveilleuse synthèse d'intérêts que seul le moyen âge a su exprimer, on rencontre dans la population de Bari l'esprit religieux et celui marchand. Le vol des reliques d'un Saint célèbre aurait donné à Bari une dignité religieuse qu'elle n'avait pas encore (l'archevêque continuait à s'appeler de Canosa et de Bari) et aurait suscité un mouvement de pèlerinages, qui en ces temps équivalait à ce qu'est aujourd'hui le tourisme religieux. Le choix de Saint-Nicolas fut assez naturel. A Bari, après celui de Giovanni, le nom plus répandu était Nicolas (il y avait déjà 3 ou 4 églises en son honneur). D'autre part, là où reposait le corps de Saint Nicolas (Myre, en Asie Mineure) sévissaient les turcs et donc les habitants de Bari ne pouvaient être accusés de l'avoir volé aux chrétiens orientaux. En outre, Myre se trouvait sur une route fréquemment suivie par les bateaux de Bari vers la Syrie, et donc il n'était pas nécessaire d'organiser une expédition exprès, mais elle pouvait être incluse dans une opération commerciale. Il en va sans dire que Saint Nicolas était déjà le saint numéro un du calendrier chrétien, et que donc la présence de son corps à Bari aurait garanti de nombreux pèlerinages. En l'absence de pouvoir politique, le monde marchand de Bari su trouver une idée qui réunissait les intérêts de tous , du clergé aux marchands aux marins. C'est ainsi que, au début de l'année 1087, trois bateaux chargés de grains et d'autres produits agricoles s'apprêtèrent à lever l'ancre comme d'habitude en direction de le Syrie. On évoquait probablement déjà sur les places et dans les cours de Bari la possibilité du vol des reliques, mais il n'y a pas eu de réel projet. A ce propos, Niceforo explique: certains sages et illustres habitants de Bari, qui étaient partis pour Antiochia avec leurs bateaux chargés de graines et d'autres marchandises, eurent l'idée. D'après une des autres sources (la légende de Kiev, texte russe de 1094 environ), c'est un saint prêtre de Bari(en qui certains ont voulu voir l'abbé Elia) qui eut l'idée. Saint Nicolas lui serait apparu en rêve, lui demandant de convoquer le clergé et la population de la ville, et de leur communiquer sa volonté de revenir vivre dans cette ville. Sous ce style hagiographique on peut distinguer un accord entre les citoyens et le clergé de manière à poursuivre une entreprise qui verrait la population unanime. C'est toutefois difficile de dire si les habitants furent tous informés de ce projet. Probablement non, dans le sens où une publicité excessive aurait pu nuire à sa réussite.
De Bari à Antiochia (Syrie)
Au début de l'année 1087 environ 80 marins, commerçants et esclaves ( le numéro 62 fait référence aux participants avec des droits civils) partirent pour Antiochia sur trois bateaux chargés de grains et de céréales. Giovanni Arcidiacono. Déjà pendant le voyage allé les habitants de Bari effectuèrent une mission d'exploration et il en résulta qu'il serait hors de propos de tenter de voler les reliques à cause de la présence des sarrasins arrivés là en masse pour les funérailles d'un de leur chef. Poursuivant leur navigation, ils rejoignirent la rade de Saint Simeone , port d'Antiochia, alors que certains restaient sur leurs gardes , les véritables marchands se rendirent dans les rues et les places où se tenaient des foires, pour vendre leurs produits. Il est évident que, d'après la suite du récit, les habitants de Bari menèrent à terme toutes les opérations commerciales. Il est cependant difficile de dire combien de temps ils s'arrêtèrent à Antiochia. On sait que dans cette ville ils vinrent au contact des marchands vénitiens, lesquels discutaient eux aussi entre eux de la possibilité de voler les reliques de Saint Nicolas , d'autant plus que la Licia était infestée de sarrasins , et les reliques du grand Saint risquaient de finir entre les mains des infidèles. Les habitants de Bari hâtèrent leurs affaires et prirent l'accord de se déplacer. Il fut décidé par exemple d'accueillir la demande de deux pèlerins venant de Jérusalem de s'associer à eux. Un était français, Alexandre, et l'autre grec. Ils auraient pu être utiles en tant qu'interprètes lors du débarquement à Andriake, le port de Myre.
Eglise de Myre
Quand sur le chemin du retour les trois bateaux accostèrent dans le port d' Andriake, les commandants décidèrent d'éviter, si possible, un combat avec les sarrasins, en envoyant préventivement en exploration quelques hommes accompagnés des deux pèlerins alors qu'une quinzaine restait à bord avec les rameurs , les 47 autres avancèrent de deux kilomètres vers l'intérieur des terres, parvenant à l'église où étaient conservées les reliques de Saint Nicolas , qui était située à environ un kilomètre avant les habitations. Là ils trouvèrent quatre moines byzantins, à qui ils demandèrent de la manne, le liquide qui se formait sur la tombe du Saint. D'autres se mirent à prier, donnant l'impression d'une communauté de pèlerins. Les plus jeunes cependant, n'avaient pas la patience pour toutes ces tergiversations. Finalement les habitants de Bari révélèrent leur intention de mettre les reliques en lieu sûr, vue l'imminente conquête turque. Ils étaient disposés également à des tractations financières. D'abord, ne les prenant pas très au sérieux, les moines répondirent que le Saint n'avait jamais permis à personne de l'emmener ailleurs. Même l'empereur Basilio il Macedone avait du renoncer à une intention pareille. Quand cependant les moines regardèrent mieux et s'aperçurent que les habitants de Bari portaient des armes sous leurs manteaux, ils comprirent que les intentions des habitants de Bari n'étaient pas vagues, mais qu'elles étaient fermes. Alors un des moines commença à reculer lentement vers la porte, décidé à aller renseigner les Miresi de ce qui allait se passer. Mais les Baresi avaient déjà veillé à bloquer l'entrée, c'est pourquoi le pauvre moine fut immobilisé. L'un d'eux sortit son épée et la pointa sur la gorge de l'homme de Dieu, en le menaçant de le tuer s'il ne parlait pas et s'il ne révélait pas l'emplacement du tombeau du Saint. C'est alors qu'intervint un autre moine qui avait compris que toute résistance aurait été inutile, et qui espérait qu'entre temps il se serait passé quelque chose qui aurait empêché la perte du trésor sacré, révéla à l'assistance le lieu où reposaient ses restes sacrés. Les Baresi comprirent que cela correspondait exactement au tunnel d'où était extraite la sainte manne. Ils commencèrent ainsi à piocher pour déterrer la tombe, en faisant attention de ne pas toucher les reliques. Mais le temps passait et certains commençaient à s'énerver. C'est ainsi que le jeune Matteo décida de braver toute crainte et de briser la plaque du sarcophage. Une fois el couvercle enlevé, il entra dans le sarcophage, enfouissant ses mains dans la manne qui le remplissait et sortant les os du Saint. Tous regardaient stupéfaits, un peu pour voir directement les reliques, un peu alarmé par la manière dont les os étaient extraits. A ce moment là un épisode se passa et eu l'effet de tranquilliser les esprits. Parmi les Baresi il y avait aussi deux prêtres, Lupo et Grimoaldo. Ce dernier, pendant toute cette opération, avait apposé à une colonne une ampoule de manne. Un mouvement inhabituel la fit tomber, dans un bruit caractéristique de quelque chose qui est réduit en miettes. Et au contraire, cela ne se vérifia pas. Après un premier instant de surprise, le fait fut interprété comme un signe favorable, une approbation de la part du Seigneur et du Saint lui-même. Ainsi Matteo compléta l'opération d'extraction des reliques, les présentant aux deux susdits prêtres qui en les embrassant les reposaient dans un linge. Quelqu'un essayèrent de prendre aussi une belle icône accrochée au mur, mais les autres l'incitèrent à renoncer pour ne pas priver tout à fait les quatre moines de la présence du Saint. Une fois les reliques recueillies, et en chantant presque à voix basse, ils prirent le chemin des bateaux. Après quelques incertitudes à propos de quel bateau aurait du avoir l'honneur de transporter les reliques, ils se décidèrent finalement et levèrent l'ancre.
Les étapes du retour
Les marins avaient commencé à s'éloigner du quai et ils virent arriver les premiers Miresi, avertis entre temps par les moines byzantins. Certains d'entre eux crièrent de laisser au moins une partie des reliques, mais les Baresi répondirent qu'ils avaient laissé la manne et l'icône. De loin ils virent que un des moines était maltraité; les Miresi étant convaincus qu'il s'était laissé persuader en échange d'argent. Les bateaux s'éloignèrent. Le voyage de retour fut tout sauf rapide. Les sources attribuent ce fait au mauvais temps; il est certain qu'au début ils progressèrent très peu. Ils passèrent la nuit qui suivit cette journée mémorable dans une localité appelée Caccavo (une île proche de Kekowa). Ils repartirent à l'aube, rejoignant l'île de Maestra (Megiste), après quoi le mauvais temps en mer devint toujours plus un obstacle à la navigation. Sans avoir fait un long trajet, ils furent contraints de se replier direction de Patara, la ville qui a vu naître le Saint. L’abordage fut également difficile, mais n'ayant pas grand choix et ne pouvant pas se contenir et étant encore trop proche de Myre, ils repartirent. Pendant ce temps, le vent et la tempête faisaient rage, et ils furent contraints de se réfugier dans le port de Perdicca où, épuisés de fatigue, ils commencèrent à soupçonner que le Saint était tout sauf d'accord avec leur entreprise. Certains proposèrent même de ramener les reliques à Myre ou à Patara. D'autres avancèrent le doute que des marins avaient pu être rusés et s'étaient approprié une partie des reliques. Des voix commencèrent à se soulever et ils commencèrent à s'accuser les uns les autres. Les commandants des bateaux s'accordèrent alors sur la proposition de convoquer tous les participants et de les faire tous jurer sur l'Evangile de n'avoir rien pris des reliques. Cinque marins n'eurent pas le courage de jurer et confessèrent d'avoir soustrait quelques petites pièces des reliques. Quand celles-ci furent reconstituées totalement, ils allèrent finalement dormir. A l'aube, la tempête s'était arrêtée et le vent était devenu favorable à la traversée qui reprit sous de meilleurs auspices. Sillonnant rapidement les vagues ils arrivèrent dans le port de Marciano (peut être Makri). A la reprise du voyage, après cet arrêt, un épisode se passa qui les tranquillisa pas qu'un peu. Un des marins, Disigio, raconta qu'il avait rêvé de Saint Nicolas, qui lui aurait dit: n'ayez pas peur, au terme des vingt jours de voyages nous serons ensemble dans la ville de Bari. Dans l'île de Ceresano, ils firent tous les ravitaillements, et ils se munirent de beaucoup d'eau. Ainsi, après une traversée plus longue, ils arrivèrent à Milo, où ils passèrent la nuit. A l'aube ils reprirent le large. Ce jour aussi eu lieu un évènement qui leur inspira confiance et courage. Un petit oiseau qui les avait suivis depuis le port de Milo, voltigeait continuellement autour du bateau. Nicolas, le fils du capitaine Alberto, allongea la main, l'invitant à s'approcher. Le petit oiseau, après un petit moment, alla se poser vraiment sur la paume de sa main, après quoi il s'envola et alla se poser où étaient posées les reliques. S'envolant à nouveau, il suivit encore pendant quelques instants le bateau, puis disparut. Ils firent d'autres arrêts sur l'île de Stafnu (Bonapolla), donc dans les ports importants de Geraca et de la ville de Monemvasia sur la côte orientale du Péloponnèse. Navigant sur la partie méridionale du Péloponnèse, ils arrivèrent à Methone, où ils firent un deuxième ravitaillement conséquent. Mais avant d'arriver à Bari ils firent encore un arrêt à Sukea (peut être une rade de l'île de Cefalonia). Enfin, la traversée pour rejoindre l'Italie. Ils arrivèrent à quatre ou cinq milles de Bari, et à hauteur de S. Giorgio précisément ils décidèrent de passer la nuit dans une crique de la côte. Au matin du dimanche 9 mai 1087 certains bateaux s'approchèrent et apprirent la nouvelle, courant évidemment informer les Baresi de l'arrivée des bateaux et de son chargement sacré. Pendant ce temps à S. Giorgio, les ossements du Saint furent reposés dans une caisse en bois recouverte de tissus précieux achetés à Antiochia. Après cela, en procédant lentement, ils parcoururent la petite distance qui les séparait du port de Bari, y entrant dans l'après midi, alors que la foule s'était déjà entassée pour assister à cet évènement extraordinaire.
Les ossements de Nicolas
On raconte diverses histoires sur comment est arrivé un os du Saint thaumaturgique jusqu'à Sellia. Moi je vous raconterai la moins connue mais certainement la plus fascinante. Nous sommes sur le terrain de Tumasi (prénom imaginaire) qui passait plusieurs mois de l'année dans la zone maritime de Sellia, pour revenir au village seulement quand les conditions climatiques ne permettaient pas de pécher. Dans cette zone, il y avait très peu de maisons, car elle était souvent infestée par la malaria. Tumasi imaginait souvent d'embarquer sur un gros bateau pour faire un voyage fantastique. Il les voyait souvent de loin et disparaissaient petit à petit à l'horizon. Un soir, un bateau était en difficultés, et des hommes descendirent à quai pour faire des ravitaillements. Ce fut en cette occasion qu'il connut un capitaine originaire des Pouilles qui lui raconta l'imminente expédition en terre turque pour enlever des mains aux Musulmans le corps de Saint Nicolas. Tumasi, sans parents, ni marié, demanda s'il pouvait faire partie de l'expédition, et il en fut ainsi. Durant l'incursion en terre turque, il y eut plusieurs moments de tension. Le dernier, juste quand ils étaient entrain d'embarquer pour retourner à Bari avec le corps du Saint, un musulman se précipita sur le capitaine. Tumasi lui servit de bouclier et se prit un coup de couteau dans la poitrine lui sauvant ainsi la vie. Le commandant lui promit que quand ils seraient arrivés à Bari il lui aurait donné une grosse récompense pour son geste héroique. Pendant la nuit il s'imaginait riche à Sellia, pouvant s'acheter une barque rien qu'à lui! Alors qu'il dormait il rêva de Saint Nicolas qui lui dit de ne pas accepter d'argent mais un os, même le plus petit pour le rapporter à Sellia. Arrivés à Bari il était très troublé ne sachant pas quoi faire. Le commandant l'appela à part lui remettant une belle somme d'argent, mais il la refusa, troublé il la doubla, mais il continuait de refuser lui disant qu'il ne voulait pas d'argent, mais un os, le plus petit os du Saint thaumaturgique pour l'apporter à Sellia. Le commandant dit non, parce que justement pendant le voyage de retour, certains marins avaient volés des parties du corps et seulement après plusieurs serments ils avaient remis les reliques, mais Tumasi fut tellement insistant, tellement convainquant que finalement il obtint une petite relique du Saint, qu'il rapporta à Sellia et la population toute contente décida de dédiée l'Eglise mère à Saint Nicolas. Ce récit doit être pris comme il est: une légende dont on ne sait pas ce qui est vrai; ce qui est sûr à Sellia c'est qu'il y a un os de Saint Nicolas.
L'anneau de Saint Nicolas
Après avoir pillé des villages sur la côte calabraise les sarrasins commencent à entrer toujours plus à l'intérieur des terres trouvant toujours sur leur chemin des villages facilement attaquables.
SELLIA: Asilia, refuge sûr et difficile à attaquer résista pendant longtemps aux continuelles tentatives de pillage des sarrasins, mais malheureusement après avoir résisté vaillamment, Sellia aussi fut prise d'assaut; la colère des sarrasins fut telle qu'ils brûlèrent tout de suite la partie basse du village qu'ils avaient à peine conquis "voilà en effet le nom du quartier ruscia". Heureusement le soir arrivait et soit par la fatigue soit par l'habileté des Selliesi qui tentaient de faire repousser le projet du terrible chef des sarrasins qui voulait brûler tout le village par vengeance d'avoir résisté aussi longtemps. Heureusement, pendant la nuit, notre bien aimé protecteur Saint Nicolas vient en aide à Sellia, lequel apparaît en rêve au chef sarrasin lui intimant de ne pas toucher à un cheveu du peuple de Sellia et de s'en aller immédiatement. A peine réveillé, le chef sarrasin furieux voulait connaître qui lui était apparu en rêve pour le tuer en premier mais il ne trouva personne qui ressemblait à l'homme apparut en rêve; enfin il entra dans l'église où beaucoup de monde était réuni pour prier mais là aussi personne; entré de force dans la sacristie, là l'archiprêtre avait caché les choses les plus sacrées dans l'espoir qu'elles ne soient pas pillées, sous un drap il y avait la statue de Saint Nicolas. En enlevant le drap, le chef sarrasin reconnut tout de suite en lui l'homme apparut en rêve et s'agenouillant il enfila au doigt du Saint son anneau et promis que le village serait épargné, et tant qu'il serait vivant aucun sarrasin aurait fait du mal à Sellia et à ses habitants. Voilà l'expression "sarrasins de Sellia". Après avoir écouté l'histoire du Saint du même pays que lui et de la même couleur de peau, le chef sarrasin quitta Sellia, qui devint une île heureuse épargnée des continuels pillages des sarrsains dans les villages voisins.
( malheureusement, l'anneau fut volé dans les années 80).